L’Intelligence Artificielle (IA) et ses enjeux en entreprise

Quand je reçois une invitation personnelle de l’IUT de Rodez pour la conférence animée par Cédric VILLANI, la première réaction est de se sentir flattée d’être invitée à écouter une telle personnalité. La deuxième est de se dire : « mince c’est dans moins d’une semaine, est-ce que ça rentre dans mon agenda ! Ben oui ça va rentrer c’est obligé ! »
Cet article n’a pas la prétention de vous relater la conférence de manière exhaustive ni même d’approfondir toutes les problématiques autour de l’IA en entreprise. De manière très subjective, vous trouverez mes quelques notes et surtout le lien vers le rapport de M. VILLANI : « Donner un sens à l’Intelligence Artificielle » (synthèse en 10 pages et version complète).

Un peu d’histoire…

Comme nous sommes à l’IUT de Rodez (Aveyron), la conférence débute par un peu de culture locale avec le parcours de M. Emile BOREL, originaire de Saint Affrique, maire de sa commune, député de l’Aveyron et Ministre de la Marine. Aujourd’hui, M. BOREL est surtout connu pour ses travaux en mathématiques (théorie de la mesure et théorie des probabilités…) mais aussi pour sa participation à la création de l’Institut Henri Poincaré (dont Cédric VILLANI a été directeur de 2009 à 2017).

Intelligence Artificielle Une conférence sur un thème aussi large ne démarre pas sans une définition de l’Intelligence Artificielle dans l’Histoire. Nous démarrons donc sur le principe que l’Intelligence Artificielle consiste en la création de processus semblables à ceux réalisés par l’être humain.

C’est l’occasion d’introduire le fameux Test de Turing du nom d’Alan TURING reconnu comme le père de l’Intelligence Artificielle, par ses recherches sur le chiffrement et les algorithmes.
Par la suite, la définition de l’IA va évoluer de la reproduction des processus humains à la résolution de problèmes complexes traités avec rapidité. L’IA se concentre donc sur la réalisation de tâches et non plus sur le sens de ces tâches. Jusqu’à ces dernières années, il était peu valorisant de travailler sur l’IA considéré comme un sujet fantasmagorique mais aussi et surtout sans budget.

Le boom de l’IA depuis les années 2010

Depuis les années 2010 et du fait de l’amélioration des performances de calcul et de stockage, la recherche est mondiale. De nombreux chercheurs apportent de nouvelles réponses et permettent un bond en avant des différentes technologies. Toutefois, le passage de la recherche à la mise en œuvre au sens économique reste compliquée. Les passerelles sont rares et trustées par les GAFA ou les pays en pointe comme le Royaume Uni, les USA, la Chine, Israël ou le Canada.
Pour illustrer la difficulté des passerelles entre la recherche et l’entreprise mais aussi le changement de définition autour de l’IA, Cédric VILLANI illustre le propos sur l’exemple d’un succès utilisé mondialement aujourd’hui : le moteur de recherche Google.
Au départ, ce dernier est construit autour des travaux universitaires de Larry PAGE : PageRank. PageRank est un modèle mathématique de reconnaissance par les pairs, la recherche sur Internet passe alors des moteurs de recherche qui tentaient de donner du sens au contenu d’une page à la reconnaissance par une communauté. Ce noyau a par la suite été enrichi, perfectionné sur les modèles statistiques, de probabilités…etc. Depuis 2016, PageRank est utilisé mais de manière confidentielle par Google.
Le moteur de recherche de Google répond donc aux critères de définition d’une Intelligence Artificielle.

Et demain dans les entreprises ?

Il reste la difficulté pour une entreprise d’identifier les processus qui pourraient être transformés en une Intelligence Artificielle. Cédric VILLANI propose de prendre en compte les critères suivants :

  • Nombre de paramètres (autour de 5),
  • Complexité de la tâche,
  • Personnalisation du résultat,
  • Evolutivité de l’algorithme.

C’est ainsi qu’une IA peut identifier la personnalité d’une personne à partir de quelques renseignements comme le ferait un humain au bout de 5 minutes de conversation…
Autour de l’IA, il reste bien sûr un certain nombre de questions à traiter sur la responsabilité juridique, la sécurisation, la confidentialité des données, etc. A ce titre, Cédric VILLANI recommande des groupes de travail interdisciplinaires tant sur pour les gouvernements que pour les entreprises qui déploient ces nouveaux outils dans leur organisation.

Pour découvrir les travaux de Cédric VILLANI, je vous invite à vous abonner à sa page facebook et son compte Twitter, à lire son livre « Théorème vivant » et à découvrir les DVD de ses conférences « Un mathématicien aux Métallos ».

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